UNE MONNAIE COMPLÉMENTAIRE – QU’EST-CE QUE C’EST ?

Monnaie complĂ©mentaire? De quoi parle-t-on? D’une unitĂ© de compte, en plus de la monnaie nationale, qui circule Ă  l’initiative d’un groupe de citoyens et/ou d’entreprises rĂ©unis au sein d’un rĂ©seau et dont les rĂšgles sont dĂ©finies par eux.

Cela peut surprendre. Quoi! Des gens qui Ă©mettent et utilisent une autre monnaie que la monnaie officielle? Est-ce possible? Est-ce lĂ©gal? Qu’est-ce que ça apporte de plus? Pourtant ce fut une pratique courante tout au long de l’histoire. Aussi loin dans le temps qu’on trouve des traces de monnaie dans le monde, ce ne sont pas des monnaies uniques comme celles auxquelles on est habituĂ© de nos jours que l’on rencontre, mais diverses monnaies qui circulent en mĂȘme temps. Une erreur commune est de projeter sur nos lointains ancĂȘtres des pratiques d’échanges proches des nĂŽtres, les diffĂ©rences n’existant que dans le support de la monnaie. À y regarder de plus prĂšs, il apparaĂźt qu’il faut faire une distinction entre les relations de proximitĂ©, celles existant au sein des clans, des villages entre les gens « ordinaires » et les relations lointaines concernant les Ă©lites politiques, religieuses et le grand commerce.

Chez les premiers, c’est la notion de « crĂ©dit » fondĂ© sur la confiance qui l’emporte. Les outils monĂ©taires, sans aucune valeur propre ne sont pas des moyens de paiement comme nous les entendons, mais plutĂŽt des reconnaissances de dette. On se connait et on remet Ă  la personne envers qui on est redevable un signe symbolique socialement admis rappelant qu’on est en dette envers elle. Chez les seconds on a besoin de quelque chose qui a de la valeur en soi (bijoux, pierres prĂ©cieuses, or, argent
etc) pour traiter avec « l’étranger » (l’autre, celui qu’on ne connait pas) oĂč la confiance ne prĂ©existe pas par nature.

Ce point est capital Ă  deux titres :

  • Cela indique que les monnaies complĂ©mentaires ne sont pas un nouveau gadget produit par le monde moderne; on ne fait que renouer avec une pratique ancienne.
  • Cela devrait conduire Ă  faire une distinction entre « monnaie » et « argent », la monnaie redevenant un symbole entre personnes qui se font confiance pour rendre plus aisĂ© le tissage des liens dans la communautĂ©, et l’argent qui a besoin d’ĂȘtre fondĂ© sur une valeur propre plus universellement reconnue pour permettre des Ă©changes entre personnes et communautĂ©s oĂč la confiance ne prĂ©existe pas ou est plus difficile Ă  Ă©tablir en raison de leur spĂ©cificitĂ© politique, Ă©conomique, culturelle, religieuse, etc
 La nature de la monnaie est (ou devrait rĂ©sider) dans la confiance, celle de l’argent est dans le pouvoir qu’il donne Ă  celui qui le possĂšde.

MĂȘme si les monnaies modernes sont maintenant totalement dĂ©matĂ©rialisĂ©es et n’ont donc aucune valeur en soi, il n’empĂȘche que culturellement et dans leur mode de fonctionnement, elles ont conservĂ© les caractĂ©ristiques de « l’argent ». Sa possession est devenue la finalitĂ© de tout acte Ă©conomique. La centralisation du pouvoir et l’extraordinaire dĂ©veloppement des moyens de communication ont permis la disparition des monnaies de proximitĂ© fondĂ©es sur la confiance et leur remplacement par les grandes devises internationales fondĂ©es sur le pouvoir. En ce dĂ©but de XXIe siĂšcle oĂč les sommets qu’atteint la fortune de quelques-uns n’ont d’équivalent que l’abime de pauvretĂ© oĂč se retrouve pas loin de la moitiĂ© de l’humanitĂ©, oĂč la finalitĂ© de profit financier justifie le dĂ©peçage de la planĂšte et met en pĂ©ril l’avenir des gĂ©nĂ©rations futures, ne faut-il pas voir dans cette rupture l’image de ce qu’il advient quand l’espace de confiance est conquis par l’aviditĂ© et la soif de pouvoir? Faut-il voir dans le dĂ©veloppement des monnaies complĂ©mentaires l’expression du besoin irrĂ©pressible de retrouver cet espace perdu, de renouer avec ce lien, la confiance, sans lequel la vie devient impossible? C’est pour nous une Ă©vidence, mĂȘme si cela n’est pas nĂ©cessairement conscient dans l’esprit de tous.

C’est au cƓur de la premiĂšre grande crise Ă©conomique (1929) qu’a rĂ©apparu l’usage de monnaies complĂ©mentaires, lorsque les monnaies nationales se faisaient trop rares. De ces expĂ©riences pionniĂšres est nĂ© le mouvement des monnaies complĂ©mentaires « modernes » qui se dĂ©veloppent aujourd’hui Ă  la surface de la planĂšte. Elles sont de nature trĂšs variĂ©e mais visent toutes Ă  favoriser et dynamiser les Ă©changes locaux, rĂ©introduire dans l’économie du sens, des valeurs sociales et Ă©cologiques, bref Ă  impulser l’élan qui permette de retisser les liens indispensables Ă  des relations respectueuses, Ă©quitables et pacifiques.

Dans le cadre de ces expériences, deux grands courants sont explorés :

  • Les monnaies non appuyĂ©es sur la monnaie nationale.

Les rĂ©seaux qui choisissent cette direction crĂ©ent purement et simplement leur unitĂ© de compte sans rapport et sans convertibilitĂ© avec la monnaie officielle. On se trouve alors dans un cas de figure inverse Ă  celui qui prĂ©side au systĂšme dominant. Dans celui-ci, il faut avoir prĂ©alablement l’argent sur son compte pour pouvoir accĂ©der au bien ou au service dĂ©sirĂ©. LĂ , c’est l’existence du bien ou du service dans la communautĂ© et l’accord d’échange entre les parties qui « crĂ©ent » la monnaie. Cela ouvre de vastes horizons nouveaux mais si Ă©loignĂ©s de nos habitudes et conditionnements Ă©conomiques que le chemin n’est pas sans obstacles. Se pose bien sĂ»r la question de la lĂ©galitĂ© : quelle est la marge de manƓuvre possible, mais plus profondĂ©ment: Que reprĂ©sente cette monnaie? Qu’est-ce qu’elle apporte Ă  la personne qui la dĂ©tient? Comment peut-elle circuler, peut-elle ĂȘtre acceptĂ©e et utilisĂ©e par les entreprises, commerçants, artisans? Comment crĂ©er la confiance nĂ©cessaire Ă  son acceptation? Si la possession de la monnaie n’est plus critĂšre d’accessibilitĂ© aux biens et services disponibles, oĂč se situe la limite?

On retrouve lĂ  d’un cĂŽtĂ© ce qu’on peut appeler Les monnaies de lien, telles que les SELs (SystĂšme d’échanges locaux), les JEUs (Jardin d’échange universel) les Accorderies et banques de temps qui concernent en gĂ©nĂ©ral des rĂ©seaux de personnes individuelles, et de l’autre les « Barters » (troc) qui regroupent des entreprises qui se fournissent mutuellement en acceptant l’unitĂ© de compte propre au rĂ©seau.

  • Les monnaies appuyĂ©es sur les monnaies officielles.

Dans ce cas de figure, celui qui se dĂ©veloppe fortement en Europe depuis peu, la monnaie locale est acquise avec la monnaie nationale dans un rapport initial de 1 pour 1. On peut certes se demander quel est alors l’intĂ©rĂȘt. Il est au moins triple :

  • La monnaie locale est un signe visible d’engagement citoyen qui marque le dĂ©sir des acteurs de se rĂ©approprier cet outil pour ne plus contribuer malgrĂ© eux Ă  alimenter la rupture que gĂ©nĂšre le systĂšme en place et ouvrir la voie vers une Ă©conomie balisĂ©e par les besoins de la vie au lieu de l’épaisseur du portefeuille.
  • Elle valorise et favorise les productions et Ă©changes locaux, puisqu’elle n’est acceptĂ©e que localement de sorte que la richesse sert mieux les habitants du territoire.
  • La monnaie nationale Ă©changĂ©e contre la monnaie locale est constituĂ©e en fonds de rĂ©serve placĂ© de façon Ă  soutenir des rĂ©alisations Ă©thiques, cohĂ©rentes avec les valeurs que les acteurs veulent exprimer.

Nous vous conseillons vivement de voir la vidĂ©o “La double face de la monnaie” qui situe bien la question des monnaies complĂ©mentaires et en donne quelques exemples.

Source: MLC Québec

Journée au vert

Un bond en avant !

Ce samedi 16 juin 2018, nous nous sommes mis au vert pour faire avancer un certain nombre de sujets qui ne pouvaient ĂȘtre finalisĂ©s qu’en groupe complet.  L’ambiance Ă©tait au beau fixe et un certain nombre de dĂ©cisions importantes ont Ă©tĂ© prises.

Mieux encore, un exercice de planification permet de fixer la « naissance » du Carol’Or au premier trimestre de 2019.

Encore un grand merci au patro de Jamioulx pour la mise Ă  disposition de leur trĂšs chouette local.

Bonjour tout le monde !

Bienvenue sur le site du Carol’Or !

Nous sommes trĂšs heureux, Ă  ce stade du projet, de pouvoir commencer Ă  communiquer avec vous Ă  propos de ce projet qui tient au coeur d’une vingtaine de citoyens ayant ce projet un peu fou mais ĂŽ combien utile: doter le bassin de vie de Charleroi de sa propre monnaie complĂ©mentaire.

Ce site contiendra des informations sur le projet, ses objectifs, ses finalitĂ©s, ses Ă©chĂ©ances, les Ă©vĂ©nements auxquels l’Ă©quipe compte s’associer, les demandes d’aide et de coups de main, le statut, ce qui va se passer dans un futur proche.